* Les relations entre la Région Bourgogne et le Land de Rhénanie-Palatinat sont fort anciennes. Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots son histoire ainsi que les objectifs de votre association ?
La Bourgogne et la Rhénanie-Palatinat entretiennent des relations privilégiées depuis 1956. En 1962, une Charte est signée à Mayence entre les deux régions pour mettre en place des échanges administratifs, qui se sont ensuite étendus à tous les domaines d’activités. Ces échanges se sont appuyés sur l’Amicale Bourgogne Rhénanie-Palatinat rebaptisée Union pour la Coopération Bourgogne Rhénanie-Palatinat (UCBRP) en 1998, et sur le Partnerschaftsverband Rheinland-Pfalz/Burgund.
Au cours de ces années sont nés la Maison de Rhénanie-Palatinat à Dijon en 1991, la Maison de Bourgogne à Mainz en 1994, plus de 250 jumelages entre les communes, les établissements scolaires, les associations culturelles, sportives, les entreprises, les collectivités locales, départementales et régionales.
En 2003, une convention quadripartite a été signée entre la Région de Bourgogne, la Région de Bohême centrale, la Volvodie d’Opole, et le Land de Rhénanie-Palatinat.
L’objectif principal de l’UCBRP est de favoriser la coopération européenne en créant des liens entre les deux régions.
Ses missions sont de :
• Maintenir et renforcer les relations amicales Bourgogne / Rhénanie-Palatinat • Poursuivre le développement des jumelages • Assurer avec les jeunes la pérennité de ces actions dans tous les domaines • Promouvoir l’apprentissage de l’allemand • S’inscrire dans la dynamique d’approfondissement de l’Union Européenne
L’UCBRP est une fédération d’associations qui comporte trois niveaux :
- communal et associatif : les comités de jumelage
- départemental : 4 groupements départementaux (Côte-d’Or, Nièvre, Saône-et-Loire, Yonne)
- régional : l’UCBRP fédère et anime l’action des groupements départementaux, du Comité Jeune, de l’Association Bourguignonne des Sports, de la Commission linguistique chargée de l’organisation du concours de lecture sans frontières pour les classes de collèges, Concours « Entreprendre pour apprendre » création de mini entreprises internationales, de l’organisation des stages de formation destinés aux professeurs des écoles, aux professeurs d’arts plastiques.
* En quoi la coopération entre les deux régions est-elle toujours pertinente et nécessaire ? Sur quels domaines repose-t-elle ?
La coopération entre les deux régions continue à être très importante dans de nombreux domaines :
- coopération en matière d’éducation, de formation et de citoyenneté européenne
Les échanges scolaires et universitaires sont très nombreux et continuent à évoluer. 200 étudiants bourguignons et rhéno-palatins participent chaque année à des programmes de mobilité étudiante entre les deux universités : cursus juridique intégré Mainz/Dijon, master international européen, …
L’Académie de Dijon a lancé des dispositifs d’enseignement visant à favoriser l’apprentissage de la langue allemande : Abibac, classes bilingues, sections européennes.
Stages : le Bureau de stages est une action importante du partenariat entre la Bourgogne et la Rhénanie-Palatinat.
- Echanges culturels (artistiques, musicaux, chants, chorales) et sportifs très nombreux
- Les relations économiques : le Conseil Régional de Bourgogne et le gouvernement du Land ont renouvelé le 18 juin 2009 la Charte de coopération afin de mettre en place des actions communes dans le domaine des énergies renouvelables et de l’environnement, dans le domaine des transports en particulier ferroviaires et aéroportuaires, et soutenir le développement des contacts entre les entreprises des deux régions.
- Promotion touristique des deux régions
* Comment qualifierez-vous les relations actuelles entre la Bourgogne et la Rhénanie-Palatinat ? Comment les améliorer ou les renforcer ?
Au cours de cette première année de présidence à l’UCBRP, j’ai rencontré les élus politiques, les cadres économiques, éducatifs, culturels, sportifs de nos deux régions. J’ai rencontré des hommes et des femmes très investis dans cette mission internationale. Ils souhaitent que les relations entre les deux régions continuent à se développer dans l’intérêt de tous. Ils sont attentifs à l’évolution des Comités de jumelages, maillons importants de ces relations.
* Pensez-vous que ce qu’on appelle souvent « le moteur franco-allemand » est toujours indispensable au bon fonctionnement de l’Union Européenne ?
Mon âge, ma formation et mon engagement personnel et professionnel me permettent de dire qu’il faut toujours « un moteur » pour faire avancer les choses. Pour moi, le « moteur franco-allemand » est indispensable pour le bon fonctionnement de l’Union Européenne. Nous nous connaissons bien, nous sommes des voisins proches. Je crois à ce tandem, qui m’a permis de réussir sur le plan éducatif au niveau des jeunes avec lesquels j’ai travaillé pendant plus de 40 ans. Je ne prétends pas détenir la vérité.
* L’année 2009 est marquée par le XXe anniversaire de la Chute du Mur de Berlin, symbole de la liberté retrouvée à l’Est de l’Europe ? Comment l’avez-vous ressenti à l’époque ? Pensez-vous nécessaire de commémorer un tel évènement ?
Je regrette vivement de n’avoir pas été à Berlin le jour de la chute du mur en 1989, pour vivre cet évènement. J’appartiens à une génération née au moment de l’armistice, qui a connu l’Europe partagée par un « rideau de fer », frontière que j’ai pu « traverser » pour me rendre en Hongrie, République tchèque dans les années 1975-1980. C’était toujours un choc et une révolte, lorsque je franchissais ces frontières. Le jour où le mur est tombé, ce fut une joie immense pour moi, c’était une nouvelle « Libération » pour tous ces Européens qui allaient pouvoir circuler, penser et s’exprimer librement, et surtout pour le peuple allemand de se « réconcilier ». Par contre, je savais qu’il y avait le revers de la médaille. En circulant librement dans ces pays qui constituent l’Europe, la « Liberté » n’a pas la même signification et la même traduction. Nous avons un long chemin à parcourir pour construire ensemble cette Europe.
Il faut se souvenir des « murs », il faut en parler. Faut-il continuer à les fêter ? Je n’en suis pas certaine. Il existe encore de nombreux murs en Europe qu’il faut faire disparaître et dont on ne parle pas.
Propos recueillis par Yannick Hoppe
Pour plus d’informations, retrouvez le blog de l’UCBRP : http://ucbrp.free.fr/








