Selon les résultats officiels annoncés vendredi après-midi à Dublin, les Irlandais ont rejeté le Traité de Lisbonne avec une nette majorité de 53,4% (862 415 voix contre) lors du référendum du 12 juin. Seuls 46,6% (752 451 voix pour) se sont prononcés en faveur de la ratification du texte. Le taux de participation était de 53,1%, avec environ 1,6 millions d’électeurs s’étant déplacés dans les bureaux de vote. Rapportés à l’ensemble de la population de l’Union européenne (494 millions d’habitants), la part des irlandais ayant rejeté le traité équivaut par conséquent à moins de 0,2%. Dans seulement 10 circonscriptions, le « oui » l’a remporté sur le « non ». La victoire des opposants est apparue clairement dés la publication par certaines circonscriptions des premiers résultats, vendredi après-midi. Le ministre irlandais de la justice, Dermot Ahern, avait ainsi déclaré, avant même l’annonce des résultats partiels, « il semble que ce soit le « non » qui l’emporte ». « C’est évidemment décevant » avait-il ajouté. Gerry Adams, le président du parti nationaliste Sinn Fein, a estimé de son côté qu’il s’agissait de « la fin du traité de Lisbonne » et que la victoire du « non » était « une base pour une renégociation ». Les 27 s’accordent cependant pour dire qu’une renégociation du Traité est exclue.
Les réactions des dirigeans européens ne se sont pas fait attendre. En effet, dés l’annonce par les autorités irlandaises des résultats officiels, Jose Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, déclarait devant des journalistes à Bruxelles, que c’était maintenant la « responsabilité commune » de tous les 27 signataires du traité de trouver une solution, mais que le vote irlandais n’était pas un « vote contre l’UE ». Dans le même temps, l’Allemagne et la France ont fait savoir dans une déclaration commune qu’ils prenaient « acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est due » mais qu’il n’était pas question de suspendre le processus de ratification du Traité. Gordon Brown, le Premier ministre britannique, a assuré quant à lui que son pays allait poursuivre la ratification.
De leur côté, les parlementaires européens ont également applé dans leur grande majorité à une poursuite des ratifications. Le président du groupe PPE-DE au Parlement européen, Joseph Daul, espère que la pousuite de ce processus permettra de donner un signal clair que l’Europe est sérieuse quand il s’agit de réforme, d’efficacité et de démocratie accrue au niveau européen. Pour le président du groupe PSE au Parlement européen, Martin Schulz, le vote irlandais « montre que nous avons besoin d’une UE avec une dimension sociale plus forte ».
Les ministres des Affaires étrangères devraient faire le point sur la situation ce lundi 16 juin dans le cadre du Conseil Affaires générales à Luxembourg, avant le Conseil européen de jeudi et vendredi prochains (19/20 juin) dans le cadre duquel les chefs d’Etat et de gouvernement devront décider ensemble de la marche à suivre pour sortir l’Europe de l’impasse.








