On considère en effet que l’UE repose sur trois piliers : un pilier d’intégration (représenté par les trois communautés crées entre 1950 et 1957 : la CEE devenue CE ; la CECA ; la CEEA) et deux piliers de coopération (représenté par le titre V sur la politique étrangère et de sécurité commune- la PESC et le titre VI sur la coopération en matière de Justice et affaires intérieures : la JAI. Dans le cadre de l’intégration, les Etats acceptent de déléguer une partie de leurs compétences voire de leurs souveraineté(par exemple en matière de monnaie) à une autorité européenne qui leur est supérieure. Dans le cadre de la coopération ils n’engagent des actions que s’ils sont unanimes( c’est-à-dire s’il y a un consensus : l’exemple type étant la politique étrangère commune). Cette théorie a été mise en oeuvre afin d’obtenir un compromis entre les Etats les plus européens,partenaires d’une Europe fédérale et les eurosceptiques (tels que le Royaume Uni).
En vue de simplifier réellement la présentation de la construction européenne ( contrairement à ce qu’en ont dit ses détracteurs) les rédacteurs du Traité établissant une Constitution pour l’Europe signé le 28 octobre 2004 à Rome, ont « fusionné » les trois piliers ou plus exactement en ont supprimé la distinction en stipulant que l’Union européenne remplace la Communauté européenne et devient une organisation internationale dotée de personnalité juridique et en remplaçant les quatre Traites (TCE-CECA-CEE-TUE) par un seul : le Traité dit « constitutionnel ». Cela représentait un progrès incontestable dans le sens de la « lisibilité » de l’Europe par les citoyens. Pour autant on n’a pas réglé le problème de l’ambiguïté de la construction européenne toujours hésitante entre la coopération et l’intégration,le supranational et l’intergouvernemental. La politique étrangère qui relève toujours de la coopération en est le meilleur exemple .
Le traité modificatif, proposé par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen de Bruxelles du 21-22 juin 2007, chargé de remplacer la défunte Constitution reste sur cette ligne. Certes, il aboutit à la création de deux traités : le traité sur l’Union européenne (modification d’un certain nombre de dispositions du TUE actuel) et la traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (modification du traité de Rome du 25 mars 1957) et non plus d’un seul. Mais la théorie des trois piliers n’est pas pour autant ressuscitée. Bien au contraire, puisque désormais l’intégralité de ce qui est encore aujourd’hui le pilier JAI (titre V du TUE), relève désormais non plus de la coopération mais de l’intégration : c’est le titre IV de la 3eme partie consacré aux politiques et actions intenses de l’Union (qui inclut la coopération policière et la coopération judiciaire en matière civile et pénale).








