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Mouvement Européen - Côte d'or / Saône-et-Loire

Café/débat Regards sur l’Europe : « Les élections européennes et après ? »

par ME-Cosl, publié le mardi 13 octobre 2009


Quel bilan et enseignements peut-on tirer du scrutin de juin 2009 ?

Les élections de juin 2009 ont été marqué par le contexte d’une crise économique dont la gravité est considéré par beaucoup comme exceptionnelle.

A l’échelle européenne, ces élections confirment la prépondérance des partis de droite, qui accentuent leur avance sur des sociaux-démocrates à la peine. Les parties écologistes voient leur présence s’accroître dans le nouvel hémicycle. Mais ces résultats ne doivent pas faire oublier que l’abstention continue de progresser.

La droite s’impose partout en Europe…

Globalement, la réponse des électeurs européens semble avoir penché vers un maintien du statu-quo politique : pour l’essentiel, les gouvernements en place sont confirmés et puisque l’Europe politique penche à droite, cet équilibre politique est reconduit. On pourra chercher les raisons de cette tendance de fond dans la prudence politique d’un électeur européen qui semble avoir exprimé ce que l’on pourrait appeler « un choix de la stabilité et de la protection ». En effet, le centre droit et la droite ont davantage incarné les valeurs de protection et de sécurité dans le contexte de crise économique et financière que connaissent les pays européens.

… entraînant un net recul de la gauche sur l’échiquier européen

Les élections européennes ont marqué un repli général des parties socialistes. Certes ce repli est d’amplitude variable selon les pays, et les élections européennes présentent une spécificité réelle par rapport aux élections parlementaires, il n’en demeure pas moins que ce résultat pourrait être annonciateur d’un déclin électoral général de la social-démocratie européenne. Les raisons de ce recul sont multiples. D’une part, d’un point de vue sociologique, la social-démocratie connaît une fragilité croissante de sa base électorale. Ainsi, l’électorat populaire lui préfère souvent la droite et l’extrême droite, l’électorat détaché de la religion, qui se développe en Europe, lui est fortement disputé par les partis écologistes et d’extrême gauche et l’électorat le plus cultivé se répartit entre la droite modérée et les écologistes en priorité. La crise du capitalisme qui a servi de toile de fond à la campagne n’aura paradoxalement pas profité aux sociaux démocrates. D’autre part, l’offre social-démocrate n’est pas apparue convaincante du point de vue des réponses à apporter à la crise financière.

Une percée indéniable des écologistes

Les bons scores des partis « Verts » dans un grand nombre d’Etats membres de l’Union européenne montrent que l’offre politique proposée par les écologistes rencontre un écho favorable parmi les Européens face aux enjeux environnementaux auxquelles les politiques européennes se sont saisies depuis plusieurs années (Stratégie de Göteborg, Directive Eau…)

Un taux d’abstention record dans l’histoire des élections européennes

Finalement, la grande gagnante de ces élections européennes semble bien être l’abstention, qui a atteint un nouveau record avec plus de 56%. Depuis 1979, année de la première élection du Parlement au suffrage universel direct, le taux de participation des citoyens européens est en chute constante. Il était en effet de près de 62% lors du premier scrutin.

Les élections de juin 2009 vont-elles bouleverser le fonctionnement du Parlement européen ?

Les élections européennes ne susciteront pas de bouleversement majeur dans l’organisation politique du Parlement européen. Elles ne vont engendrer que des recompositions à la marge. A l’issue du scrutin de juin, le paysage politique du Parlement évolue peu et le nombre de groupes reste stable : il y en aura sept comme dans l’assemblée sortante.

Ces élections européennes ont en réalité réservé beaucoup de fausses surprises :

  • Le Parti Populaire Européen est certes arrivé en tête, mais son poids au Parlement européen est quasi identique à celui qu’il était durant la précédente mandature.
  • Avec le ralliement des démocrates italiens aux socialistes européens, le poids du PSE devenu « Groupe de l’alliance progressiste des socialistes et démocrates » ne recule que faiblement.
  • Le succès des élus écologistes bien que réel a, quant à lui, été beaucoup exagéré. S’il est marquant dans quelques Etats membres, notamment en France, la progression globale des verts est limitée et leur groupe restera une formation de taille restreinte qui continuera à jouer un rôle charnière dans les majorités.
  • L’abstention massive n’en est pas une : elle s’inscrit dans le prolongement des taux constatés lors des précédents scrutins et reste conforme à ce que l’on sait des déterminants de la participation électorale. Cette relative faiblesse de la participation est somme toute logique pour des élections où les enjeux politiques ne sont pas aisés à percevoir. Sans visages, ni clivages clairs, il devient difficile de susciter un intérêt civique important pour ce scrutin. Ensuite, et de manière plus conjoncturelle, la crise économique et financière a sans doute eu pour conséquence de reléguer au second plan l’intérêt pour les élections européennes aux profits d’enjeux nationaux. Enfin, les facteurs qui tendent à démobiliser les électeurs (complexité du scrutin, manque d’enjeux directement appréhendables, rejet idéologique de l’élection, faible investissement des partis et des médias dans la campagne…) ont été plus fort que jamais.

Alors, comment faire pour rapprocher l’Europe des citoyens ? Quel rôle doit jouer les médias ? Ce désintérêt provient-il d’un problème de complexité des institutions européennes ? D’un manque d’information des citoyens ? Autant de questions qui appellent un débat et un échange de points de vue afin de faire des propositions sur la manière d’impliquer davantage les citoyens dans la construction européenne.

Le décor est à présent planté, il vous revient maintenant de jouer la pièce !!!

Frédéric Bergelin

Responsable Europe Direct Bourgogne-Dijon

Conseil régional de Bourgogne


Auteurs

ME-Cosl


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