Déclaration d’Yves Bertoncini, président du Mouvement Européen – France.

Les Français et Européens sont cette année appelés à célébrer la fête de l’Europe alors que l’élection d’Emmanuel Macron vient de nous adresser un double signal politique réjouissant et mobilisateur.

Il est tout d’abord salutaire que nos concitoyens aient fait barrage à l’europhobie de Marine Le Pen, comme l’Assemblée générale de notre Mouvement les y avaient appelés. La volonté de rupture lepéniste avec l’Union européenne, l’espace Schengen et l’euro était en contradiction frontale avec le combat engagé par nos milliers de militants depuis la fin de la seconde guerre mondiale : elle a été rejetée par une grande majorité des électeurs, qui préfèrent comme nous se battre pour une « Europe en mieux » plutôt que d’en claquer la porte !

Il était particulièrement émouvant de voir Emmanuel Macron cheminer sur l’air de l’Hymne à la joie ce dimanche, avant d’entonner la Marseillaise à la fin de son discours. Sa victoire sur Marine Le Pen fait plus que jamais écho à Romain Gary : « Le patriotisme, c’est l’amour des siens ; le nationalisme, c’est la haine des autres ». Il est heureux que les Français aient majoritairement rejeté le nationalisme.

Le verdict de cette élection présidentielle doit nous inciter à mettre davantage en valeur les bienfaits de notre appartenance à l’Union européenne, bien au-delà du jour anniversaire de la déclaration Schuman ; il nous invite aussi à centrer notre débat national sur les remèdes à apporter aux défauts et aux défaillances de la construction européenne, afin de réduire un euroscepticisme hexagonal qui n’aura pas disparu comme par enchantement le 7 mai au soir.

Il est aussi réconfortant de constater que notre nouveau Président de la République a entrepris de rompre avec le « franco-scepticisme » qui mine notre débat sur l’Europe. Emmanuel Macron souligne en effet clairement que les principaux problèmes de la France, mais aussi leurs principales solutions, sont à rechercher dans notre pays, qui les affrontera avec succès s’il retrouve pleinement confiance en lui-même. Il ne peut y avoir d’Europe forte sans États membres forts, et sans engagement européen résolu de la France.

La victoire d’Emmanuel Macron est porteuse d’une autre leçon politique : c’est lorsque la construction européenne n’est plus utilisée comme un bouc émissaire commode qu’elle peut retrouver sa place comme espace d’opportunités et comme protection face aux menaces, dans un monde particulièrement instable.

La campagne présidentielle a mis en évidence nombre de propositions constructives visant à réformer, à démocratiser et à relancer l’Union européenne, afin de la rendre plus juste et plus forte. La célébration de l’anniversaire de la déclaration Schuman est une belle occasion de s’en saisir pour prolonger le débat à l’horizon des élections législatives de juin 2017, puis des élections européennes du printemps 2019.

Le Mouvement Européen – France et ses milliers de militants prendront naturellement toute leur part dans ce débat pluraliste dont l’Europe a plus que jamais besoin. Faites l’Europe pas la guerre : telle est aussi l’un des messages-clé de la déclaration Schuman.

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