François Zaragoza est le Président de la section locale du ME-F-Loiret. Né en France et fils de réfugiés républicains espagnols, il nous confie ses craintes sur l’actualité européenne et son engagement auprès du Mouvement Européen.

1) Si vous deviez décrire votre section en 3 mots, quels seraient-ils ?

Jeune, active, …Mon troisième mot sera une appréciation : « Doit poursuivre dans cette voie »

2) Quel est votre parcours ? Comment êtes vous arrivé au ME-F ?

C’est dans le cadre de mes activités professionnelles que j’ai fréquenté, au niveau national, le ME-F que présidait en son temps, Louis Leprince-Ringuet. Les liens entre le ME-F et l’AFCCRE, dont j’étais l’un des collaborateurs, étaient déjà très étroits. Gaston Defferre, Jacques Chaban-Delmas, Louis Le Pensec et plus récemment Philippe Laurent ou Frédéric Valletoux, pour ne citer qu’eux, ont eu ou ont encore des responsabilités au sein des deux organisations. Au niveau local, c’est en 2004 que nous avons créé – nous étions 4 ou 5 adhérents au ME-F – la section du Loiret avec Yves Clément, aujourd’hui vice-président national.

3) D’où est né votre intérêt pour l’Europe ?

Je qualifie mon intérêt de naturel et je l’ai enrichi au fil des années. Je suis né en France de réfugiés républicains espagnols. Lycéen, j’ai participé aux échanges scolaires dans le cadre des jumelages d’Orléans avec Munster, Trévise, Dundee. J’ai épousé une néerlandaise. J’ai déroulé ma vie professionnelle pendant presque 4 décennies au sein de l’AFCCRE afin de permettre aux collectivités territoriales d’être des acteurs de la construction européenne. Si mon horizon a toujours été européen, j’avoue avoir quelques alibis ….

4) Quelles sont vos missions au sein du ME-Loiret ?

Président de la section du Loiret depuis maintenant un an, je souhaite poursuivre l’action engagée par nos deux Présidents successifs, Yves Clément et Jean-Pierre Delport. Qu’il s’agisse de pérenniser le partenariat avec la Faculté de Droit d’Orléans, de poursuivre l’organisation régulière de conférences et rencontres pour faire vivre le débat européen, de développer notre action auprès des jeunes et du monde de l’éducation. Tout cela est très classique…Et comme tout Président, je souhaite élargir notre assise en termes d’adhérents venant d’horizons divers.

5) Vous organisez un événement le 11 février sur le thème « la défense des droits de l’homme en Europe entre Strasbourg et Luxembourg », pouvez vous nous en dire quelques mots ?

Il s’agit d’une conférence-débat organisée en partenariat avec une association orléanaise « Convergence », dans le cadre du Forum des Droits Humains qui se décline à Orléans tout au long de l’année, à travers des colloques et des rencontres-débats. Le thème retenu, compte tenu d’une part des interrogations que nous pouvons avoir quant à la situation dans plusieurs pays européens et des débats dans notre pays concernant l’instauration de l’état d’urgence et la déchéance de nationalité et d’autre part, la personnalité et la compétence du conférencier, Jean-Pierre Spitzer, notre Secrétaire Général, devrait se traduire, je l’espère, par un succès.

6) Quelle est votre réaction face aux événements récents en Europe ?

Dire que l’on assiste actuellement à un détricotage de l’Union européenne, dont on ne sait jusqu’où il peut aller, n’est pas suffisant pour qualifier la situation que connaît l’Europe. En effet, c’est l’idée même du vivre ensemble sur notre continent qui est désormais mise en cause. L’Union européenne est aujourd’hui ce que les gouvernements des Etats-membres, et pour des raisons diverses, en font, c’est-à-dire un espace dans lequel chacun espère pouvoir résoudre seul des questions qui, par nature, méritent des réponses collectives, solidaires donc européennes. Je ne peux m’empêcher de citer Altierro Spinelli qui dans les années 60 écrivait « la division en Etats nationaux souverains pèse comme une malédiction sur l’Europe » en ajoutant « il ne faut accepter d’autres critères de distinction entre forces de progrès et celles de réaction, que le critère établi par la lutte pour l’Europe : les forces de progrès sont celles qui assument la promotion de l’unité fédérale du peuple européen, les forces de réaction sont celles qui agissent, en fait et quels que soient les mots qu’elles utilisent, en vue de conserver les souverainetés nationales abusives ». Ces propos sont d’une cruelle actualité !

7) Y-a-t-il un lieu en Europe qui vous a particulièrement marqué ?

Il est un lieu qui me marque, c’est le Delta de l’Ebre dans le sud de la Catalogne. Pour des raisons familiales certes puisque mes parents y sont nés mais aussi parce que c’est une terre d’accueil, au bord de notre mer commune, la Méditerranée qui après avoir été le berceau de nos civilisations en devient un piège mortifère.

8) Une anecdote sur l’Europe ?

Une affirmation plutôt.

Je ne souhaite pas que nous arrivions un jour à nous poser la question :

« Tout ça pour ça ? ».