Le point sur le Conseil européen des 19 et 20 mars 2015

Ce qu’il faut en retenir, ce qu’il faut en comprendre

Chers adhérentes, chers Adhérents,

Comme nous l’avions annoncé lors de notre premier envoi à la fin de l’année 2014, le ME-F vous fait parvenir le second numéro de ses Débriefings du Conseil européen.

Vous trouverez par conséquent résumés les points clés du Conseil européen des 19 et 20 mars derniers, pour tirer le clair sur les enjeux et les défis auxquels fait face l’Union européenne.

En vous en souhaitant une excellente et profitable lecture,

Le Secrétariat national du Mouvement Européen-France

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Points clés : Union de l’énergie ; Conflit ukrainien ; Sommet du Partenariat oriental ; situation libyenne ; situation économique (zone euro) ; TTIP ; Tunisie ; COP 21

 

 Union de l’énergie : les plans de la Commission pour une Union de l’énergie, dévoilés le 25 février dernier, ont été approuvés et appuyés. Ces plans envisagent une transformation du marché européen de l’énergie, notamment pour rendre celle-ci plus abordable et plus propre. Pour atteindre ces objectifs, l’Union de l’énergie comporte plusieurs dimensions qui se complètent, notamment la sécurité et l’efficacité énergétiques, la décarbonisation de l’économie, mais aussi la recherche, l’innovation et la compétitivité, et le marché européen de l’énergie.

  • La sécurité énergétique a été longuement abordée, notamment dans son contexte ukrainien : les pays de l’Est avant tout, fortement dépendants de l’énergie russe, envisagent de grouper leurs achats afin de négocier les contrats gaziers. Une amélioration de la transparence de ces derniers a d’ailleurs été requise par le Conseil ;
  • Une position commune du Conseil a été confirmée en vue de la COP 21 qui aura lieu à Paris fin 2015. La France se félicite de cette position qui constitue un vrai développement de la diplomatie énergétique ;
  • En marge du Conseil, François Hollande a également participé à une rencontre au sujet de l’Union de l’énergie, en présence des industriels européens.

 

 Conflit en Ukraine : un débat a eu lieu sur les sanctions à l’encontre de la Russie, l’objectif demeurant de trouver une solution politique durable à la crise.

  • Les dirigeants ont appelé toutes les parties à mettre en œuvre rapidement et intégralement les accords de Minsk. Les dirigeants se sont cependant accordés pour lier une levée des sanctions imposées à la Russie à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk ;
  • Ces accords prolongent en réalité les sanctions à la Russie, qui devraient s’arrêter en juillet, jusqu’en décembre 2015.

 

 Le Sommet du Partenariat oriental se tiendra les 21 et 22 mai 2015 à Riga.

  • Le Conseil s’engage à renforcer, de manière différenciée, les relations avec ses partenaires de l’Est comme l’Arménie, la Géorgie ou la République de Moldavie ;
  • Le « nœud » de ce partenariat  reste l’Ukraine.

 

Libye : le Conseil a appelé à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, et à un gouvernement d’unité nationale.

  • Le plus grand nombre de terroristes de la région se trouvent dans le sud du pays ;
  • L’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a accepté l’allégeance du groupe islamiste nigérian Boko Haram ;
  • Il a été signalé que les réseaux terroristes ciblés contrôlaient une partie des flux migratoires via des filières de migrants. Toute mesure prise et ayant des répercussions sur ces flux voit donc potentiellement une augmentation du pouvoir de ces réseaux terroristes sur les flux migratoires et leur contrôle ;
  • Entre 400 000 et 500 000 personnes sur les côtes Sud de la Méditerranée seraient de ce fait candidates à émigrer vers l’Europe.

 

Situation économique (zone euro) : Le Conseil a noté que la reprise, bénéficiant de conditions favorables, est sur le bon chemin.

  • Le Conseil, avec le Parlement européen, s’est déclaré favorable au Plan Juncker ;
  • La France, via la Caisse des Dépôts et la Banque publique d’investissements, devrait mettre à disposition 8 milliards d’euros (en masse de capital) pour les projets du Plan Juncker ;
  • Il a été signalé que l’Allemagne possède un excédent commercial énorme, mais insuffisamment investi, posant par conséquent des problèmes d’infrastructures.

 

 Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) : tous les gouvernements de l’UE soutiennent la conclusion d’un accord avant la fin de 2015, bien que ce calendrier semble difficilement tenable.

  • C’est avant tout la clause Etat-investisseur, à laquelle l’Assemblée nationale et le Sénat, mais aussi le Parlement européen ont voté non, qui bloque les négociations.

Tunisie : Suite aux attaques contre le musée du Bardo à Tunis, le Conseil a décidé d’apporter de l’aide à l’économie tunisienne. Le tourisme tunisien, déjà en crise depuis la révolution de 2011, pourrait subir de plein fouet les répercussions de l’attaque.

Le Plus :

  • Grèce : une réunion en format restreint s’est tenue en marge du Conseil, à vocation pédagogique et politique, mais sans prise de décision
  • Allemagne/Grèce : après une période de tensions importante entre les gouvernements et les opinions publiques de deux Etats, un entretien de 6 heures s’est tenu mardi 24 mars entre la Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre grec Alexis Tsipras pour tenter d’apaiser les  relations. Au cœur des discussions, les réformes promises par la Grèce.