Le Mouvement Européen-France a organisé, le 16 janvier dernier, un
Petit-déjeuner d’échanges  autour de l’Année Européenne pour le Développement
en partenariat avec le Secrétariat général des affaires européennes et la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale.

 Avec :

  • Jean-Marie CAVADA, Député européen et Président du ME-F,
  • Lara DEGER, adjointe à la Coopération et au Développement,  Secrétariat général des affaires européennes,
  • Marianne ESCURAT, adjointe à la Coordination et aux Relations publiques, Secrétariat général des affaires européennes.

Après un mot de bienvenue de la part d’Olivier Mousson, Président de la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale, qui accueillait cet événement au sein de l’Hôtel de l’Industrie, M. Jean-Marie Cavada a introduit la séance en soulignant l’importance de l’aide au Développement pour la France comme pour l’Europe.

Selon lui, cette politique joue un rôle crucial en matière de relations internationales, surtout à la lumière des derniers événements, lorsque l’Europe est devenue cible du terrorisme. Même si les Français en ignorent trop souvent l’importance, l’aide au Développement produit des résultats pratiques, notamment en matière d’éducation dans les pays bénéficiaires.

A la suite de cette introduction, Marianne Escurat a présenté l’Année européenne pour le Développement, première année consacrée à l’aide extérieure de l’Union européenne, qui s’ouvre, au mois de janvier, sur le sujet de l’Union européenne dans le monde, pour finir au mois de décembre avec le sujet des droits de l’Homme. Mme Escurat a par la suite explicité le rôle du SGAE, nommé par le Premier ministre comme coordinateur national de cette année en étroite collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international.

Mme Escurat a ensuite cité les conclusions de l’Eurobaromètre paru le 12 janvier dernier, qui évalue  la perception de l’aide au Développement par les Européens. Il a démontré que ce sont les jeunes de moins 25 ans qui sont le plus conscients de la nécessité de la solidarité, tandis que cet idéalisme et le respect des valeurs non-matérielles tendent à baisser chez les personnes de plus de 25 ans. Un des objectifs de cette Année européenne pour le Développement est donc de stimuler la prise de conscience par les citoyens de la réalité pratique de l’aide au Développement, en mettant en valeur le bénéfice mutuel pour tous les acteurs, notamment privés, en termes de sécurité, d’immigration, de protection de la biodiversité ou encore de lutte contre le changement climatique.

Mme Lara Deger a poursuivi en présentant l’agenda international « post-2015 », qui sera une base de travail pendant toute cette année européenne. Cet agenda, qui se veut collaboratif, devrait amener à la définition des nouveaux objectifs « post-2015 », dont 17 ont été formulés en décembre dernier au niveau onusien et sont en cours de négociation. Pour cet agenda la France a donné la priorité à 4 grandes thématiques : durabilité environnementale et changements climatiques, santé, égalité des sexes et transparence. L’Année européenne pour le Développement sera également l’occasion d’augmenter l’implication du secteur privé, acteur du développement également, en veillant notamment sur la question de la responsabilité sociale des entreprises et en portant une attention particulière à la formation professionnelle, au soutien aux  investissements et à la facilitation de l’accès à l’aide.
Au terme de la séance, la question cruciale de l’efficacité de l’aide a été abordée. Selon Mme Deger, il existe un seuil d’aide au-delà duquel l’argent supplémentaire est moins bien absorbé par les pays bénéficiaires, posant la question de sa réelle valeur ajoutée. Le but de cette année sera donc de favoriser les réflexions engagées au niveau européen sur la réduction des canaux existants de cette aide, sa rationalisation et contribuer à la réduction de l’opacité dans l’attribution des moyens.

Questions du public

Quelle est la relation entre le SGAE et l’Agence Française de Développement ?

Pour Lara Deger, l’Agence Française de Développement (AFD) est naturellement l’interlocuteur privilégié du SGAE, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Année européenne pour le Développement. Cette relation est d’autant plus facilitée que la représentation de l’AFD à Bruxelles se trouve dans les mêmes locaux que la Représentation permanente de France auprès de l’Union européenne. En mentionnant les initiatives de l’AFD, Mme Deger a notamment cité à titre d’exemple l’existence de partenariats avec des universités africaines, qui rencontrent un vif succès auprès d’étudiants français bénéficiant du programme Erasmus.

Même si l’Union européenne constitue actuellement le premier bailleur mondial d’aide au Développement, on voit que la courbe des investissements est en baisse, tandis que  les pays émergents comme le Brésil et la Chine ne cessent d’augmenter leurs investissements. Cela veut-il dire que l’Union européenne est en train de perdre ses positions ?

Lara Deger rappelle qu’il faut d’abord tenir compte de la crise économique et financière qu’a connue l’Union européenne. De plus, il faut distinguer l’aide liée, très pratiquée par de nouveaux acteurs (Chine par exemple) sur le terrain (dons ou prêts pour lesquels les marchés sont limités à des entreprises du bailleur) et l’aide déliée (avec une mise en concurrence des marchés financés par l’aide).  L’Union européenne en général, et la France particulièrement,  favorisent le déliement de l’aide et privilégient ainsi la qualité de l’aide.

Quels sont les moyens d’intéresser davantage les citoyens aux enjeux du Développement ?

De nombreux efforts peuvent d’abord être fournis au niveau des collectivités territoriales, d’où des retours positifs concernant les programmes d’éducation des enfants émanent déjà. Ensuite, il semble crucial d’organiser plus de séminaires et d’actions pédagogiques sur les pays qui bénéficient de l’aide au Développement. Dans ce cadre Olivier Mousson a notamment fait remarquer qu’en décembre 2015, l’Hôtel de l’Industrie consacrera pendant 10 jours toute son activité à la représentation des pays africains.          

 

Une interview vidéo croisée de M. Cavada, Mme Deger et Mme Escurat est disponible en cliquant ici.

Cliquez ici pour télécharger le compte-rendu au format pdf.

Pour plus d’informations sur l’Année européenne pour le Développement :

 

 

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