L’Université d’automne 2014 du Mouvement Européen-France, qui s’est déroulée les 7, 8 et 9 novembre derniers à Nîmes, a rencontré un franc succès en réunissant près de 300 personnes venues des quatre coins de la France à l’occasion des grands rendez-vous historiques et politiques du calendrier européen.

Cette huitième édition, qui s’est tenue grâce à l’aide précieuse du ME-F-Gard et au chaleureux accueil de l’Institut Emmanuel d’Alzon, a de nouveau permis de retrouver une dynamique pro-européenne nationale à l’heure où, en territoire eurosceptique, le besoin d’Europe est loin d’être perçu comme essentiel.

Néanmoins, l’Europe a su être visible au niveau local de par les nombreuses activités que le Mouvement Européen-France a proposé à chacun et chacune des adhérents, aux petits et grands, aux initiés comme non-initiés.

Retrouvez le programme définitif de l’évènement en cliquant ici !

 

Une simulation du Parlement européen captivante !

Ce long week-end a débuté le vendredi 7 novembre dès 9h par une simulation du Parlement européen organisée par les Jeunes Européens-France. Cette nouvelle activité proposée dans le cadre de l’Université d’automne a voulu mettre en avant les interventions pédagogiques en milieux scolaires de la branche jeune du Mouvement Européen-France, en offrant à 115 élèves volontaires venus de trois lycées nîmois (Lycée Alphonse Daudet, Institut Emmanuel d’Alzon, Lycée Saint-Vincent-de-Paul) une simulation grandeur nature.

La matinée a commencé par une présentation des Jeunes Européens et du déroulement de l’activité, avant que les participants se répartissent en quatre groupes, chacun travaillant respectivement sur les thèmes :

  • du climat ;
  • de la mobilité des jeunes ;
  • de l’entrée et du séjour des ressortissants de pays tiers dans l’Union ;
  • du roaming.

Chacun de ces quatre groupes s’est apparenté aux travaux de différentes commissions parlementaires au sein desquelles étaient représentés les quatre principaux partis politiques européens (Les Verts, S&D, ADLE, PPE). La simulation de la session plénière qui a suivi a eu l’honneur d’être présidée par une jeune Députée européenne de la circonscription du Sud-Ouest, Virginie Rozière.

Cet apprentissage informel encadré par notre branche jeune a provoqué un très grand enthousiasme parmi les 115 jeunes volontaires. Les travaux en groupe ont permis de valoriser la participation de chacun à des débats constructifs, tandis que la session plénière présidée par l’Eurodéputée Virginie Rozière a pu donner une dimension concrète à la compréhension du système décisionnel européen. Aussi, les thèmes d’actualité sujets aux échanges ont suscité l’intérêt des élèves : si certains ont pu requérir un avis commun, d’autres ont alimenté les débats.

Les conclusions de ces travaux ont été exposées lors de l’ouverture de l’Université d’automne à 14h30 par Lisa, une lycéenne de la simulation, porte-parole de l’ensemble de ses camarades.

Des conférences de haut niveau

Ce week-end de réflexion a mis en avant des interventions de haut niveau avec des personnalités politiques de haut rang. Chaque conférence a ensuite laissé place à un grand débat avec le public.

L’Université d’automne a ainsi ouvert ses portes le vendredi 7 novembre en début d’après-midi en présence des organisateurs, représentés par Jean-Marie Cavada (Député européen et Président du ME-F), Jean-Luc Bernet (Président du ME-F Gard), Frédéric Bourquin (Président de la Maison de l’Europe de Nîmes) et Chloé Fabre (Présidente des Jeunes Européens-France).

Ces discours militants ont souligné le fait que « malgré la discorde sociale, le vieillissement économique et les débats migratoires, il reste un travail infini pour avoir les systèmes que nous méritons, mais que les batailles doivent être menées pour être gagnées » (Jean-Marie Cavada). Aussi, et en faisant en sorte que l’Université d’automne  » reste dans les mémoires en termes de partage » (Jean-Luc Bernet), le contexte local implique aussi que le slogan de long terme soit « l’Europe : l’urgence gardoise » (Frédéric Bourquin). Chloé Fabre a souligné l’implication remarquable des Jeunes européens et des élèves pour la simulation de la matinée et a soutenu que « c’est de cette manière concrète que l’on sait parler aux gens.

Les différents partenaires de l’Université d’automne ont également pu s’exprimer lors de l’ouverture. Franck Proust (Député européen et Premier adjoint au maire de Nîmes) et Yvan Lachaud (Directeur de l’Institut Emmanuel d’Alzon) ont salué la tenue de l’évènement à Nîmes et les actions du Mouvement Européen-France.

Retrouvez ici le compte-rendu.

Les discours éditoriaux de l’Université d’automne ont d’abord été marqués par une fresque historique de l’Europe depuis l’Antiquité par Chantal Delsol (Philosophe et Vice-Présidente de l’Académie des sciences morales et politiques) soutenant qu’il existe « une spécificité européenne d’un humanisme de liberté« , que « l’Europe a une tradition de la bonne nouvelle, dont celle de l’universalité des valeurs », mais aussi que « sa véritable grandeur est sa capacité à se remettre en cause » dans les moments de déclin. 

Henri Malosse (Président du Comité économique et social européen) a ensuite donné une vision d’avenir pour une Europe actuellement désorientée : « Il faut préserver cet espoir démocratique : vous le préservez et le représentez pour moi, vous les militants du ME-F [...] Il faut un modèle citoyen, et le modèle citoyen c’est vous !« 

Retrouvez ici le compte-rendu.

Cette conférence-débat modérée par Nora Hamadi (Journaliste spécialiste des questions européennes sur la chaîne Public Sénat) a mis en lumière une confrontation d’idées sur l’intégration des États et des personnes en Europe, et ce à l’occasion du 10ème anniversaire de l’entrée des États d’Europe centrale et orientale dans l’Union et des 25 ans de la Chute du Mur de Berlin.

Pier Virgilio Dastoli (Président du ME-Italie et ancien Directeur de la Représentation en Italie de la Commission Européenne), Ivo Goldstein (Ambassadeur de la République de Croatie en France) et Geneviève Jacques (Présidente de la Cimade) ont éclairé le public sur la notion du « construire ensemble européen » à l’heure où l’histoire et le présent viennent s’interférer sur le sentiment d’appartenance européen.

Les échanges ont notamment permis d’avoir le point de vue du dernier État membre ayant rejoint l’Union européenne. SEM. Ivo Goldstein a dans ce cadre affirmé que pour les Croates « l’Union européenne n’était pas seulement un marché commun, mais une idée et une philosophie politique qu’ils voulaient partager« . Concernant les politiques migratoires, Geneviève Jacques a dénoncé « les peurs irrationnelles renforcées par les réglementations européennes« , alors que l’immigration doit être vue comme « un enrichissement mutuel qui participe aux évolutions des sociétés« . Pier Virgilio Dastoli a quant à lui mis en avant que « des politiques d’inclusion plus poussées » sont nécessaires, et que « l‘Union n’a pas fait ce qu’il fallait face à des défis de dimension européenne et non pas nationale« .

Retrouvez ici le compte-rendu.

La session publique du samedi après-midi modérée par Jean-Marie Cavada, a voulu mettre en avant les nouvelles priorités à présenter à la Commission européenne nouvellement constituée : la lutte contre le chômage et la sécurité européenne.

Christian de Boissieu (Economiste et Professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne et au Collège d’Europe à Bruges) a insisté sur le fait que « l’Europe manque de vision économique et sociale ». Selon lui, « il faut attirer l’épargne européenne pour financer un rebond de croissance et aller vers la création d’emplois ». Marcel Grignard (Président de Confrontations Europe et ancien Secrétaire général adjoint de la CFDT)  souligne de son côté que « la meilleure solution européenne passe par l’investissement européen dans l’énergie et le numérique, deux secteurs d’activité matriciels pour l’économie ».

Concernant la sécurité européenne, Michel Derdevet (Secrétaire général et Membre du Directoire d’ERDF) s’est davantage penché sur la nécessité d’une politique énergétique européenne commune : « Si on n’a pas une pédagogie sur ce qui se déroule en Europe et dans le monde, les citoyens ne comprendront pas [la nécessité d'une telle politique]« .Pierre Vimont (Secrétaire général exécutif du Service Européen pour l’Action Extérieure) a mis en avant la nécessité d’une unité politique au niveau européen pour faire face aux défis géopolitiques actuels : « Nous n’avons pas à rougir de ce que nous faisons. Nous faisons des choses. Nous avons juste du mal à théoriser et conceptualiser un projet politique en raison des désaccords internes entre les Etats-membres [...] Il faut pour cela redéfinir nos intérêts et nos objectifs, [...] avoir un nouvel état d’esprit, être plus à l’écoute du monde qui nous entoure et avoir la modestie d’écouter les autres au lieu de vouloir tout expliquer [...] Il faut des nouveaux venus capables de surmonter ces clivages : c’est une affaire de génération ».

Retrouvez ici le compte-rendu.


Ils sont intervenus lors de l’Université d’automne

Christian De BOISSIEU

Jean-Marie CAVADA

Pier-Virgilio DASTOLI

Chantal DELSOL

Michel DERDEVET

S.E.M. Ivo GOLDSTEIN

Marcel GRIGNARD

Nora HAMADI

Geneviève JACQUES

Henri MALOSSE

Virginie ROZIERE

Pierre VIMONT

 

Des actions de rue qui font du bruit 

A la suite de la conférence du samedi après-midi, la fanfare Banda Sagana a enflammé les rues nîmoises en emmenant notre cortège européen de l’Institut d’Alzon au mail de l’Esplanade. Tous les participants ont ainsi pu défiler sur les rythmes festifs locaux tout en brandissant leur drapeau européen. Entrainé par les Jeunes Européens, un petit groupe de danse improvisé s’est même formé autour des musiciens, laissant les passants les plus curieux s’approcher pour regarder ce petit spectacle européen.

 

Un peu plus tard, une initiation zumba aux couleurs de l’Europe a fait participer petits et grands, adhérents et non-initiés sur le mail de l’Esplanade. Un jeu sur l’Europe, ainsi que des stands d’informations sur le Mouvement Européen-France, les Jeunes Européens-France et la Maison de l’Europe de Nîmes-Centre d’information Europe direct Gard-Lozère se tenaient à proximité des danseurs en herbe.

 

Entre forum ouvert et ateliers 

Une grande nouveauté cette année : la tenue d’un forum ouvert, sorte de bourse aux ateliers où chaque participant proposait spontanément, durant l’introduction, des thèmes de réflexion sur lesquels ils souhaitaient travailler par la suite en comité plus restreint. Animé par le Président du ME-F-Gard, Jean-Luc Bernet, ce forum ouvert avait pour fil conducteur « L’Europe qui nous protège », les sujets proposés devant respecter ce thème central. Après la liste des thèmes figée, chaque participant se répartissait dans le groupe thématique de son choix. Une vingtaine de groupes de travail ont pu voir le jour afin de se pencher aussi bien sur l’Europe innovante, l’Europe et le droit de la famille, ou encore sur l’Europe de la défense. Une nouveauté très appréciée par les participants !

 

 

 

Retrouvez ici les comptes-rendus des groupes de travail :

Annexe Solidarité intergénérationnelle

Annexe 1 : ME-F-76 et actions jeunes

Annexe 2 : Lobbyisme dans le ME-F-35

Les traditionnels ateliers se sont tenus le dimanche matin. Les adhérents ont ainsi pu se répartir dans 5 ateliers différents, chacun encadré par des représentants du réseau interne et externe du Mouvement Européen-France :

 

Animation d’un débat télévisé

Le vendredi midi, l’Institut Emmanuel d’Alzon a organisé, dans le studio TV de l’établissement, un débat animé par des étudiants en classe préparatoire autour de trois intervenants de l’Université d’automne : Jean-Marie Cavada (Député européen et Président du ME-F) , SEM Ivo Goldstein (Ambassadeur de la République de Croatie en France) et Nora Hamadi (Journaliste spécialiste des questions européennes sur la chaîne Public Sénat).

Ce débat d’une trentaine de minutes a aussi pu convier un large public rassemblant des élèves de la simulation du vendredi matin, des adhérents du ME-F, des journalistes, ou encore le grand public.

Des repas conviviaux

Le samedi midi, des représentants de la nouvelle Association nationale membre du ME-F ont pu présenter leur structure aux adhérents présents. Les Centres d’Entrainement aux Méthodes d’Education Active (CEMEA) sont ainsi devenus la 19ème Association nationale membre du Mouvement Européen-France.

Après les discours de remerciement, la soirée festive du samedi soir à l’Institut Emmanuel d’Alzon s’est tenue autour d’un buffet convivial où chacun des adhérents a pu échanger librement, et profiter des initiations à des danses européennes qui ont embelli cette belle soirée. Jean-Pierre Spitzer (Secrétaire général du ME-F), Dominika Rutkowska-Falorni (Déléguée générale du ME-F) et Jessica Chamba (Vice-Présidente du MEI) se sont également exprimés à l’occasion des 65 ans de l’association et des 25 ans de la chute du mur de Berlin, avant de déguster le gâteau d’anniversaire.

 

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 Merci à tous pour votre implication et votre participation !