Les élections européennes du mois de mai 2014 ont été une amère déception pour certains, un cri d’alarme pour d’autres.

Jean-Marie CAVADA,  Député européen et Président du Mouvement Européen-France, a eu l’occasion de s’exprimer plusieurs fois au cours de ces dernières semaines autant sur la désignation de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne et sur le respect du vote des électeurs européens dans ce processus, que sur des sujets plus larges comme la visibilité médiatique de l’Europe.

Prenons un instant pour revenir sur ses propos, ses analyses et ses positions.

28 mai 2014 : Réactions des sections locales et personnalités politiques au lendemain des élections européennes du 25 mai

Au lendemain des élections européennes du 25 mai 2014, les différentes sections locales du ME-F et des personnalités politiques se sont exprimées. Toutes les réactions vont dans le même sens : le taux d’abstention toujours très élevé et la montrée des extrêmes sont un mal pour l’Europe, mais pas une fatalité. La déception laisse place à l’espoir et l’envie de faire toujours mieux, de prendre davantage en compte la parole des électeurs.

27 juin 2014 : Jean-Claude Juncker est nommé et présenté à la présidence de la Commission européenne par le Conseil.

Jean-Marie Cavada s’exprime à ce moment là sur la nouvelle mandature du Parlement européen. Le choix du Président de la Commission européenne se fait alors selon les urnes. En votant, les citoyens européens faisaient également le choix d’un candidat à la tête de l’organe exécutif, une première depuis 1979. Il n’y a donc pas “d’arrangements obscurs” entre les partis mais une coalition nécessaire de certains pour peser et faire face aux Europhobes notamment.

Jean-Claude Juncker est à ce moment là pressenti favori et Jean-Marie Cavada demande à ce que son programme s’appuie sur trois grands axes que sont la lutte contre le chômage, la politique d’immigration et une politique européenne pour l’énergie et la transition énergétique.

Le 15 juillet 2014, Jean-Claude Juncker est définitivement nommé à la tête de la Commission européenne grâce au vote d’approbation du Parlement européen.

A l’occasion de la désignation définitive de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, Jean-Marie Cavada revient sur ce vote par et pour les électeurs européens, par député interposé : 422 voix en faveur, 250 contre, 57 abstentions, 19 bulletins nuls. Un score qualifié de “confortable mais pas impérial”.

Lors de son discours, Jean-Claude Juncker a promis d’inverstir 300 Milliards d’euros sur 5 ans “pour aider les Etats à finir le marché unique, à relancer l’économie, et donc à faire baisser le chômage” mais s’est aussi “déclaré favorable à un salaire minimum garanti en Europe et en faveur d’une politique énergétique communautaire”. Des projets qui sont partagés par notre Président auxquels s’ajoute celui de la construction “d’une politique migratoire européenne à la manière du Canada”, c’est à dire qu’il appartiendrait aux Etats “d’exercer d’une part leur subsidiarité en indiquant le volume d’immigrants qu’ils souhaitent chaque année, et à l’Union d’éxécuter d’autre part ces demander par décision communautaire”.

 

 

Notre Président a également eu l’occasion de s’exprimer plusieurs fois à la radio.

1er juillet: Diffusion de l’émission “Questions sur l’Europe” sur France Inter: “L’Union européenne vit-elle une révolution démocratique ?”.

Selon lui, il ne s’agit pas de “révolution” mais plutôt de respect de la démocratie au sens propre du terme et le respect du suffrage universel. Lors de la campagne précédant le vote, “chaque parti se présente avec un champion”, afin d’obliger le Conseil (composé des Chefs d’Etats et de gouvernements) à “se plier au suffrage universel”.

Dans la désignation de Jean-Claude Juncker, l’animateur rappelle qu’un candidat PPE est alors soutenu par les socialistes ainsi que par d’autres membres de couleur politique différente. Pour Jean-Marie Cavada, c’est d’abord un “candidat qui veut bâtir l’Europe”, et qui se “pose dans une perspective fédéraliste”, un argument qui rassemble différents partis européens.

De plus, une fois élu, Jean-Claude Juncker doit “se plier pour avoir une majorité solide” et “intégrer les éléments politiques de divers partis”, toujours dans le “respect des électeurs”, la priorité pour notre Président. Une valeur qui s’accompagne de celle du vote, considérée comme un droit mais aussi comme un devoir citoyen.

Jean-Marie Cavada n’aime pas la notion “d’arrangements”. Dans un premier temps, pour que la volonté des électeurs ait une application, le parti doit avoir une majorité alors se tourne vers d’autres pour avoir une base électorale afin “d’asseoir sa légitimité démocratique” et surtout, ce processus force Jean-Claude Juncker à ne “pas aller seul là où il veut aller”.

15 juillet 2014 : Diffusion de l’émission “Le Débat du Midi” sur France Inter : “L’Europe dans les médias français : vilain petit canard ou bouc émissaire ?”

Jean-Marie Cavada est au micro de Thomas Chauvineau sur France Inter et s’exprime en direct du Parlement européen à Strasbourg lors du moment du vote de Jean-Claude Juncker.

Face au peu de visibilité dans les médias, il semble “incroyable que plus de la moitié des lois en France faites à Bruxelles [...]ne fasse pas l’objet de pédagogie…”. Avec “sa liberté de critique” souligne-t-il. Il faut “combler ce vide démocratique” dont les deux responsables principaux sont les politiques et certains médias (même si la radio en parle plus que la télé). Un manque de visibilité et d’espace public qu’il avait déjà dénoncé dans le Figaro Magazine le 04 mai 2014 et sur le plateau de France 2 face à David Pujadas et Laurent Delahousse le 25 mai dernier.

«Par rapport à nos voisins, nous sommes l’un des pays parlant le moins des affaires européennes à la télévision. France 2 et France 3 ont chacune un correspondant à Bruxelles qui connaît bien le sujet, là où les Anglais et les Allemands en ont cinq ou six! Que font TF1 et M6? J’appelle le CSA à moraliser ce que je considère comme un déficit de démocratie! Je ne demande pas qu’on en dise du bien tous les matins, mais juste qu’on puisse dire ce qui s’y passe.»

Fossé entre aspirations et craintes des Européens

« L’Europe a fait des choses extraordinaires et des choses mauvaises ». Il faut en être conscient, l’Europe est faillible.

L’Europe n’est pas sexy tous les matins

Pour se faire connaître et ne pas rester une entité mystérieuse aux yeux des citoyens, l’Union européenne a besoin de place dans les surfaces médiatiques. La place de la pédagogie européenne est primordiale : il faut expliquer ce qu’il se passe en Europe, quel sont les enjeux, c’est un travail à plein temps mais “c’est que nous devons aux spectateurs, aux auditeurs, à l’opinion publique”. Et c’est très important: “L’Europe passe ou casse”, et la crise monétaire du début du siècle a montré que les difficultés peuvent être résolues grâce à la solidarité entre les Etats membres.