« Si nous n’y prenons pas garde, un 21 avril européen est possible, avec des conséquences catastrophiques pour les citoyens. »

 

Après les remerciements adressés à Madame Berès, J.C. Houdoin, Président de Paris-Sud, a insisté sur l’importance de ces rencontres entre les parlementaires européens et les citoyens. Avec l’appui du Parlement européen, des « Afterworks » ont ainsi été organisés dans toute la France pour expliquer le rôle et le travail des députés de Strasbourg.

 

Pendant près de deux heures de dialogue et d’échanges avec des parisiens, Madame Berès a abordé de nombreux sujets que l’on peut regrouper en trois grands thèmes :

  • Le travail d’un eurodéputé,
  • La crise économique,
  • Les enjeux d’une élection au Parlement européen.

 1. Le travail d’un eurodéputé

A la différence des parlementaires nationaux, un eurodéputé dispose d’une plus grande liberté pour s’exprimer, car les consignes de vote des partis sont moins strictes, et un député peut en fonction de ses convictions décider de soutenir telle ou telle proposition s’il juge qu’elle va dans le bon sens et qu’elle représente un progrès.  En jouant sur les critères de la nationalité, de son rattachement politique et du domaine concerné, chaque député se définit un espace de liberté qui lui permet de prendre position par rapport à un projet.

 

Tout comme à l’Assemblée nationale, le travail en Commission est essentiel. Il n’est pas possible d’être un expert dans tous les domaines, c’est la raison pour laquelle chacun se spécialise et approfondit un secteur ou l’autre. A charge pour lui et au rapporteur d’une commission de présenter à l’ensemble de ses collègues les conclusions et recommandations. En marge des commissions, les réunions et rencontres informelles sont essentielles dans ce travail.

 

A l’égard des lobbyistes, nombreux à Bruxelles, un eurodéputé doit se montrer prudent, sans toutefois les écarter systématiquement, car ils apportent une compétence technique utile. Il convient d’examiner leurs arguments avec un regard critique. Il faut aussi être vigilant, pour éviter certains risques d’allongement des délais dans l’élaboration des règlements communautaires (par exemple, l’élaboration de guides pratiques est souvent un prétexte pour retarder la mise en place de règles communautaires).

 2. La crise économique

La crise a été le révélateur le l’absence ou de l’insuffisance de politique commune. Plutôt que d’opposer dans l’analyse les Etats du sud aux Etats du nord, Pervenche Berès préfère parler des Etats du centre et des Etats de la périphérie. Par états du centre il faut entendre les pays qui ont une tradition de dialogue social et une préoccupation croisée sur le court terme et l’avenir. La France, hélas ne fait plus partie de cette catégorie, car trop centralisée et jacobine, elle ne dispose pas de culture du consensus. Il est certain qu’un grand nombre de décisions gagneraient à être prises à un niveau régional plutôt que central.

 

Dans le domaine de l’économie et de l’Euro, Pervenche Berès relève le bien fondé des critiques de Michel Aglietta. En fait la monnaie unique renforce les différences et favorise la concentration de la valeur ajoutée là où elle était déjà la plus importante. En l’absence de mécanisme de compensation, le risque est grand de voir les pays les plus prospères s’enrichir et les pays les plus démunis s’appauvrir. Les décisions de Mario Draghi qu’il faut saluer pour avoir calmé la crise spéculative, n’apportent aucune solution dans ce domaine. Ainsi les taux d’intérêt élevés en Grèce ou en Espagne ne peuvent que décourager l’investissement : le niveau de marge exigé pour régler les intérêts, les amortissements de l’investissement, la rémunération de l’entrepreneur et du travail est difficile à dégager.

 

La compétition internationale des pays émergents (Chine, Brésil..) ne respecte pas les règles d’une stratégie coopérative, mais au contraire obéit aux strictes règles d’une concurrence asymétrique.

 3. Les enjeux d’une élection au Parlement européen

Pour la première fois, la désignation du président de la Commission sera déterminée par les résultats des élections de 2014. Ces élections sont donc très, très importantes, mais elles auront lieu dans un climat défavorable. Le chômage, le pouvoir d’achat seront les thèmes essentiels de la prochaine campagne et seront exploités par les courants populistes contre l’Europe.

Si nous n’y prenons pas garde, un 21 avril européen est possible, avec des conséquences catastrophiques pour les citoyens.

Déjà les courants séparatistes fondés sur l’égoïsme se multiplient et contestent le principe de solidarité. Les solutions proposées vers un repli national et identitaire ne peuvent qu’exacerber le chacun pour soi et le rejet des autres. Si la construction de l’Europe a apporté la paix, la division et l’éclatement de l’Europe peut apporter la guerre.

 

Sur les bases d’un bilan sans concessions sur les aspects positifs de l’Europe mais aussi sur ses insuffisances, il appartient au Mouvement européen de porter des messages d’espoir