Le Mouvement Européen a participé à la découverte du Boson de Higgs

 

On le sait, la découverte du boson de Higgs par les chercheurs du CERN aura été l’un des grands évènements scientifiques de 2012. Sans doute ce fameux boson ne changera pas grand’ chose à notre vie de tous les jours, sans doute ne résoudra-t-il pas immédiatement la crise et le chômage. Mais peut-être nous aidera-t-il à comprendre d’où nous venons, sinon où nous allons…

 

Ce qu’on sait sans doute moins, c’est le rôle joué par le Mouvement Européen dans cette découverte.

Serait-ce que notre regretté Président (1973-1990) Louis Leprince-Ringuet ait initié cette étude quand il était le premier Président du Conseil du CERN de 1955 à 1966 ? Il avait bien été à l’origine de la construction du premier PS (synchrotron à protons), précurseur du LHC (grand collisionneur de hadrons), là où fut détecté le boson…

 

Mais plus tôt encore, le Mouvement Européen avait participé à la fondation du CERN : dès 1949, des scientifiques membres du Mouvement Européen proposèrent la création de centres scientifiques communautaires, en matière nucléaire notamment[1].

L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) est née du Mouvement Européen : sa fondation, en 1954, était le fruit direct des premières discussions qui ont eu lieu dans le cadre de la Conférence européenne de la Culture, organisée par Denis de Rougemont à Lausanne en 1949[2].

Le délai entre la décision et la réalisation a été particulièrement court pour une organisation intergouvernementale : cinq ans. Le rôle personnel de Pierre Auger, au cœur de multiples réseaux, y est pour beaucoup, en conjonction avec le Mouvement Européen[3].

Le Mouvement Européen est très fier du Prix Nobel de la Paix attribué à l’Union européenne en 2012. Peut-être recevra-t-il un jour le Prix Nobel de physique pour avoir contribué à la découverte du boson de Higgs ?

 

Louis Jourdan

Décembre 2012


[1] Dominique Pestre, Vingtième siècle, Revue d’Histoire, 1984, vol. 4, n° 4, pp 65-76

[2] Rolf Heuer, Directeur général du CERN, juillet 2009

[3] Patrick Petitjean, Têtes froides dans la guerre froide, dans Soixante ans de Science à l’UNESCO, 1945-2005, Editions UNESCO, 2009

 

Téléchargez la version pdf de la note en cliquant ici