Alain BRISSE, 74 ans.

Formation :

- diplômé de l’Institut Commercial de Nancy (1960)

-  ancien élève de l’Institut de Contrôle de Gestion (1982-1984)

D’où est né votre intérêt pour l’Europe ?

Dès la seconde année de l’I. C. N., soit en 1959, nous avions un cours consacré à l’économie européenne qui traitait des principaux points suivants : la situation de l’Europe au lendemain de la 2ème guerre mondiale, du G. A. T. T. (1947), du Plan Marshall (1947), de l’O. E. C. E. (1948), de l’U. E. P., de la C. E. C. A. (1952) et du Traité de Rome (1957).

J’ai donc été amené à m’intéresser à l’Europe durant mes études et j’ai ensuite voulu suivre les évolutions qu’elle a connues en lisant de nombreux articles et ouvrages et en assistant à de multiples conférences dont voici quelques exemples :

- au sein de la Jeune Chambre Economique de Bourgogne, lors de l’assemblée régionale annuelle, intervention de M. Louis LE PRINCE RINGUET (1979),

- étude d’un ouvrage intitulé « l’Evènement européen », initiatives et débats, 1992 et après…. (Editions du Seuil), préfacé par Mm. Edgar PISANI et Jacques DELORS, et faisant appel à une vingtaine de rédacteurs de tendances diverses (1988),

- au sein du Lions Club, intervention d’un colonel de l’armée allemande, M. Hans Konrad BROMEIS, venu nous parler de la « Brigade franco-allemande » (1989),

- conférence sur « l’Acte unique européen », par le Professeur GOLDMAN, spécialiste de droit international (1989),

- suivi de l’entrée en application des accords de Schengen (1985) et de leur extension aux autres pays de l’Union, excepté le Royaume-Uni et l’Irlande (1990),

- étude de l’ouvrage de Mm. Charles PASQUA et Philippe SEGUIN, s’opposant au Traité de Maastricht (1992),

-  suivi de la mise en place de l’Euro, dans l’Expansion, Les Echos (de 1999 à 2002),

- lecture du QUE SAIS-JE ? résumant les travaux de la commission chargée de l’établissement d’une « Constitution pour l’Europe », présidée par M. Valéry GISCARD d’ESTAING qui conduisit au référendum de 2005 et au triomphe du NON, puis reformulé dans le Traité de Lisbonne, adopté par voie parlementaire.

Depuis quand vous  êtes-vous engagé au Mouvement Européen ?

En 2007, j’ai découvert dans la presse locale (VAR-MATIN), qu’il existait à Toulon, une association, « Les Amis de l’Union Européenne ». J’ai aussitôt pris contact avec son président et participé aux réunions hebdomadaires de novembre 2007 à juin 2008, rencontré des membres du Mouvement Européen-France-Var, auquel j’ai adhéré en novembre 2011, préférant faire partie d’un mouvement structuré à l’échelon national. Je participe chaque mois à un «petit-déjeuner», dans une ambiance conviviale, ce qui me permet d’accéder à des explications détaillées et motivées sur les avancées de l’Union européenne, souvent traitées brièvement par la presse et la télévision.

Que vous inspire l’Europe d’aujourd’hui ?

- sur le Royaume-Uni : un regret ! J’ai toujours été choqué par son attitude. Après avoir essayé de faire échouer le Marché commun, dans les années 1960, avec la création de l’A.E.L.E., il se tient trop souvent à l’écart des évolutions de l’U.E. dans la mesure où son intérêt risque d’en souffrir (exemples : l’euro, les accords de Schengen, le Pacte Budgétaire). Cette attitude ne date pas d’hier : au XIXème siècle « l’Angleterre de façon très pragmatique, aura recours selon les cas aussi bien à des pratiques de libre échange qu’à des pratiques protectionnistes. Le libre échange est invoqué lorsqu’il ne comporte pas de danger pour les produits britanniques et qu’au contraire il leur permet de s’imposer à l’extérieur ; lorsqu’à l’inverse, la concurrence tourne au désavantage des produits domestiques, on n’hésite pas à mettre en œuvre des mesures protectionnistes » (1)

- sur le nombre de membres de l’Union : pour quelles raisons a-t-on admis, en une seule fois, dix nouveaux membres en 2004, de poids économiques très différents, de cultures, d’organisations politiques et administratives également très dissemblables ? Cette décision m’a toujours paru trop brutale. Comment définir des politiques communes dans un tel cadre ? C’est pourquoi il me paraît nécessaire d’aller vers une fédération afin de pouvoir améliorer la cohérence des 27 nations, de définir des politiques économique, étrangère et de défense convergentes ou complémentaires. Enfin, il ne me paraît pas souhaitable d’accueillir dans l’immédiat de nouveaux membres, sans parler du cas très particulier de la Turquie.

- sur le « poids de l’Europe » : face au développement rapide des pays émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, il faut une Europe unie, un « bloc », peuplé de 500 millions d’habitants. Il n’est plus possible de faire seul.

- sur la défense : les Etats-Unis sont beaucoup moins soucieux de la défense de l’Europe qu’ils ne l’ont été au XXème siècle. La « défense européenne » repose essentiellement sur la France et le Royaume-Uni (50% des dépenses militaires sont assurées par ces 2 pays), et sur l’Allemagne. L’Europe  désarme alors que les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et la Chine augmentent leurs dépenses militaires.

- sur le pacte budgétaire : s’il paraît indispensable de recadrer les Etats pour les ramener dans une discipline budgétaire, malmenés par la crise économique mondiale, ce traité n’est-il pas trop rigide ? Faisant appel à des sanctions automatiques, le rôle du Parlement Européen et de la Commission est très affaibli et ne risque-t-il pas de nuire au retour de la croissance ? Signer le Pacte budgétaire m’apparaît souhaitable pour que l’Union européenne poursuive son chemin, mais j’aimerais savoir comment le Mouvement Européen-France voit le retour de la croissance ?

Alain BRISSE

adhérent du Mouvement Européen-France-Var

(1)   La visée hégémonique de la CHINE, l’impérialisme économique, page 48 §3. le siècle d’or de l’Empire Britannique (1815-1918).