Grands Cycles du ME-F

Le Mouvement Européen-France organise régulièrement des événements de grande envergure destinés à faire évoluer le débat européen et à expliquer les grands enjeux européens au plus grand nombre. Retrouvez ici toutes les actualités sur nos Grands cycles.

Université d’Automne 15-16 novembre 2008, à Nice

 Comme chaque année le Mouvement Européen-France organise son Université d’Automne afin que ses membres puissent se retrouver au cours d’une rencontre de travail, propice aux échanges conviviaux. La section de Nice a bien voulu nous accueillir et nous l’en remercions vivement.

Nous serons accueillis dans les enceintes de la Faculté de Droit de l’Université Nice Sophia Antipolis (voir plans ci-dessous)

 

LE PROGRAMME EN BREF

 

Samedi 15 novembre – journée grand public (entrée libre)

Le samedi commencera par un moment d’échange sur la Présidence française et l’avenir de l’Union européenne avec Jean-Pierre JOUYET, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes qui nous a déjà assuré de sa présence.

 

Encouragés par la richesse des débats de l’année dernière, nous souhaitons cette année consacrer de nouveau la première journée aux débats, qui porteront notamment sur les questions suivantes :

  • Quelle relève pour servir la cause européenne ?
  • Comment rendre les élections européennes plus authentiquement européennes ?
  • L’action du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne – L’Europe nous tire-t-elle vers le haut en matière de droits de l’homme ?

Dîner-débat (payant) : Le dîner du samedi soir permettra un échange informel avec des élus français et d’autres Etats membres.

 

Dimanche 16 novembre (réservé aux adhérents)

Comme l’an dernier, la matinée du dimanche 16 novembre sera consacrée à la vie des sections. Quatre ateliers thématiques seront organisés en vue d’échanger les bonnes pratiques :

  • L’exploitation efficace des outils mis à disposition des sections
  • Citoyenneté européenne : comment s’adresser à tous les publics ?
  • Elections européennes : comment les sections peuvent-elles participer à la campagne ?
  • Brainstorming sur les outils de développement des sections

Pour des informations plus détaillées, voir le programme prévisionnel ci-dessous.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

Inscriptions

Pour vous inscrire, téléchargez le bulletin d’inscription ci-dessous, et renvoyez le nous (attention ! Veuillez nous signaler avant le 4 novembre votre participation au dîner et/ou au déjeuner du samedi 15 novembre. Veuillez noter également que les ateliers sont réservés aux adhérents…)

 

Lieu

L’Université d’Automne se déroulera à la Faculté de Droit de l’Université Nice Sophia Antipolis.

Université Nice Sophia Antipolis
Faculté de Droit
Avenue Doyen Trotabas
(ex 7, Avenue Robert Schuman)
06000 Nice

Trois plans d’accès différents sont consultables ci-dessous.
Hébergement

Cette année, le secrétariat du ME-F ne prend pas en charge la réservation des hôtels des adhérents. Nous mettons à votre disposition une liste d’hôtels, correspondant à diverses gammes de prix. Vous pouvez les contacter dès maintenant pour assurer la réservation de votre propre chambre. Bien que Nice dispose d’un parc hôtelier important, il est conseillé de ne pas tarder.

 

Transports

  • Vous trouverez des informations complémentaires sur la ville de Nice, notamment sur le réseau de transports publics :
    www.nicetourisme.com
  • Nous mettrons à votre disposition des « fichets-congrès » SNCF vous permettant d’effectuer vos réservations de train en bénéficiant d’une réduction de 20% (non cumulable avec d’autres réductions, tels que carte jeune ou carte senior).
    Des « fichets- congrès » sont disponibles au siège du ME-F. Indiquez-nous à l’adresse suivante, si vous souhaitez en obtenir : sl@mouvement-europeen.eu

 

Documents

 

Une Université d’automne sous le signe de l’état d’urgence

Compte-rendu synthétique de l’UA du ME-F à Strasbourg – 17 et 18 octobre 2009

 

Les adhérents du Mouvement Européen France se sont retrouvés pour leur Université d’automne les 17 et 18 octobre 2009 dans les locaux de la prestigieuse Ecole Nationale d’Administration à Strasbourg, ville dont la tradition européenne n’est plus à démontrer (la ville accueille le siège du Parlement européen et du Conseil de l’Europe). Ces journées se sont déroulées autour du thème « L’Europe : Etat d’urgence ? ». La section Côte-d’Or/Saône-et-Loire était représentée par une délégation de 5 personnes autour de Mireille Evers, Présidente, et de Yannick Hoppe, secrétaire général de la section et chargé de la communication des Jeunes Européens-Dijon.

 

La soirée du 16 septembre réunissait à la veille des travaux du week-end plusieurs responsables des sections du ME-F autour de leur Présidente nationale (par ailleurs eurodéputée) Sylvie Goulard au Conseil de l’Europe afin de partager le verre de l’amitié et de fêter l’anniversaire du Conseil de l’Europe mais aussi de l’association.

 

Le samedi matin, François Gilles Le Theule, directeur du Centre des Etudes européennes de Strasbourg (CEES/ENA), souhaitait la bienvenue aux participants aux côtés de Philippe Metzenthin, Président du ME-Alsace, qui a beaucoup œuvré pour le don déroulement de cette université d’automne.

 

Puis, Sylvie Goulard et Nicolas Jean, Président des Jeunes Européens France, ont évoqué l’actualité européenne après l’adoption par référendum du Traité de Lisbonne en Irlande. Ils ont rappelé que l’engagement des pays de l’Union Européenne reposait sur la loyauté, à l’heure le Président tchèque souhaite de nouvelles garanties et semble vouloir jouer la montre en ce qui concerne la ratification du Traité à l’approche des élections législatives britanniques. Profitant de sa présence à Strasbourg, la Présidente du ME-F a lancé un vibrant appel européen vivement applaudi par les nombreux participants :

« Le Mouvement Européen – France, réuni à Strasbourg, siège du Conseil de l’Europe, chargé de la défense des droits de l’Homme, notamment de la Cour européenne des droits de l’Homme, ainsi que du Parlement européen, lance un appel solennel. La Charte des droits fondamentaux constitue le cœur de nos engagements communs. Il est indispensable que le Président du Conseil européen, réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européenne, appelé à représenter l’Union Européenne dans le monde, soit issu d‘un pays ayant ratifié la Charte des droits fondamentaux. »

 

Ensuite, une table ronde était consacrée au thème « L’Europe des citoyens, l’urgence politique et la responsabilité des échelons locaux, nationaux et européens » en présence de Günther Pétry, Maire de Kehl, porte-parole allemand de l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau,Roland Ries, Sénateur-Maire de Strasbourg, Denis Badré, Sénateur-Maire de Ville-d’Avray, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, et du Portugais Diogo Pinto, Secrétaire général du ME International.

 

L’après-midi, place à une réflexion et au débat sur l’urgence climatique, à la veille du sommet de Copenhague avec Franziska Brantner, jeune eurodéputée allemande (Verts), Michel Dervevet, directeur de la communication et des affaires publiques de RTE, de Josefine Holmquist, première secrétaire de l’Ambassade de Suède, pays occupant actuellement la présidence du Conseil européen, et d’André Reichardt, Président du Conseil Régional d’Alsace.

 

La fin de la journée permettait aux adhérents du ME-F de poursuivre une réflexion sur le positionnement de l’association au sein de différentsateliers proposés :

 

  • quelle politique énergétique pour l’Europe face aux autres acteurs mondiaux ?
  • quelles nouvelles priorités pour les fonds structurels ?
  • quelles étapes concrètes pour avancer en matière de politique de défense européenne ?
  • comment les médias peuvent-ils aider à faire passer le message européen ?

 

La soirée se poursuivait par un cocktail dînatoire offert par la Ville de Strasbourg à l’Hôtel de Ville, place Broglie. Un discours d’accueil a été prononcé par Nawel Rafik-Elmrini, 2e adjointe au Maire.

 

Les Jeunes Européens, dont une importante délégation était présente à Strasbourg, ont profité de leur présence dans une ville résolument tournée vers l’Europe pour poursuivre la fête jusqu’à tard dans la nuit.

 

Le dimanche matin, des ateliers réservés aux adhérents étaient proposés pour envisager la rénovation du Mouvement Européen France. Au programme : le développement d’une section en terme de financements et d’adhérents, les nouvelles actions pour toucher un public plus diversifié, les nouveaux partenariats et l’ouverture sur l’extérieur, le renforcement de la visibilité des sections. Les ateliers se retrouvaient ensuite en séance plénière pour présenter leurs conclusions et clôturer ainsi un week-end placé sous le signe de la construction d’une Europe politique fédérale, plus que jamais urgente !

 

Rendez-vous semble de nouveau pris à Strasbourg en juin prochain pour les Etats généraux de l’Europe !

 

Enfin un grand merci et un grand bravo à nos hôtes alsaciens ainsi qu’au bureau national du Mouvement pour la qualité de l’organisation de ces journées !

 

Auteur

ME-Cosl

Dernier ajout : 12 décembre 2008.

Discours du Président de la République italien, Giorgio Napolitano aux « Etats Généraux de l’Europe »

Lyon, le 21 juin 2008

publié le mardi 24 juin 2008

 

Je désire avant tout remercier vivement le Mouvement Européen–France de cette opportunité qu’il m’a offerte de m’adresser à ces Etats Généraux qui constituent un témoignage de passion et de participation en vue de relancer la cause de l’unité européenne. Je vous remercie de l’hommage qui est, à travers ma personne, rendu à l’Italie en tant qu’invité d’honneur. Je vois en cela la reconnaissance de la contribution que mon pays a donnée dès la naissance, et même la conception, de l’Europe communautaire. L’Italie a gagné sa place dans l’histoire de l’intégration européenne grâce à des personnalités clairvoyantes et déterminées, qui ont suscité un mouvement d’opinion et un consensus politique en faveur de l’adhésion à la déclaration Schuman, à la Communauté du Charbon et de l’Acier, au projet de Communauté Européenne de Défense.

Je me réfère à un grand homme politique et d’Etat, Alcide de Gasperi, qui a été réellement un des pères fondateurs de l’Europe communautaire, et à Altiero Spinelli, qui a été un grand prophète et combattant du mouvement fédéraliste européen.

Et encore aujourd’hui nous aurions besoin – laissez-moi le dire – aussi bien de bâtisseurs savants et réalistes que d’inspirateurs ardents et pugnaces, pour faire avancer la cause de l’Europe.

Et surtout, je me dois d’ajouter, la cause de l’Europe politique. Ce qui caractérisait peut-être d’une façon particulière la position italienne dès le commencement de l’aventure européenne fut l’idée d’une Europe unie non seulement dans le domaine de l’économie et du marché, mais sur le plan politique. C’était là l’idée de De Gasperi et de Spinelli, chacun dans son rôle, idée qui fut fatalement compromise par la faillite du projet de Communauté Européenne de Défense.

Mais n’est-ce peut-être pas là le grand thème qui est revenu d’actualité de manière si pressante ? Même après l’inéluctable renonciation à l’adoption, patiemment préparée, d’une Constitution, voire d’un Traité constitutionnel, la mise en œuvre du texte-même du compromis signé à Lisbonne propose à nouveau ce choix fondamental : autrement dit, la nécessité historique de donner à une intégration européenne, qui a dépassé même le seuil déjà si avancé de l’unification monétaire, l’élan politique et l’horizon politique qui lui font encore défaut.

Bien présente à notre mémoire – et il vaut la peine de la rappeler – est la mission à laquelle fut appelée la génération des Européens qui avaient vécu la tragédie d’une seconde guerre mondiale dans le cœur de l’Europe, tout comme celle des jeunes Européens qui, il y a soixante ans, prirent – pleins d’espoirs mais en conditions très dures – la voie de l’engagement civil et politique. Il s’agissait d’une mission qui consistait à pacifier et reconstruire une Europe bouleversée et à demi détruite ; à surmonter les antagonismes fatals qui avaient lacéré les rapports entre les principaux pays de l’Europe continentale. Et c’est dans ce noyau occidental de l’Europe, dépositaire d’une antique communauté de civilisation, qu’il fut possible de jeter les bases d’une réconciliation et d’une unité qui n’auraient pu s’étendre au continent tout entier qu’au cours des décennies à venir.

La mission à laquelle nous sommes appelés aujourd’hui – à laquelle vous êtes appelés, vous qui appartenez aux nouvelles générations (françaises, italiennes, en un mot européennes) – consiste à sauvegarder, en la renouvelant, la fonction historique de l’Europe dans un monde qui voit son centre de gravité se déplacer ailleurs, qui voit, par rapport au passé, se modifier profondément les équilibres économiques et politiques ou, comme on dit maintenant, “géostratégiques”.

Seulement si l’Europe réussit à s’affirmer comme entité politique unitaire, elle pourra encore compter sur la scène mondiale, elle pourra encore donner son apport particulier et irremplaçable à l’évolution de l’ordre global.

Avec la mondialisation, des changements radicaux ont déjà eu lieu et sont en plein déroulement. Aucun de nos Etats – nation, pas même ceux qui ont été les grands protagonistes de l’histoire dans les siècles passés, ne peut désormais résoudre à lui seul ses problèmes qui sont devenus inséparables de plus larges contextes, ni donner à lui seul une contribution valable pour surmonter les défis mondiaux de notre temps. Lorsque j’entends dire que l’inspiration des “pères fondateurs” de l’Europe communautaire n’est plus désormais qu’un vestige du siècle qui vient de se conclure et qu’elle ne peut plus nous guider en aucune façon, je relis Jean Monnet. Et je retrouve – et je veux ici répéter tout haut – ses paroles :

« Nous ne pouvons pas nous arrêter quand autour de nous le monde entier est en mouvement … Aujourd’hui nos peuples doivent apprendre à vivre ensemble sous des règles et des institutions communes librement consenties s’ils veulent atteindre les dimensions nécessaires à leur progrès et garder la maîtrise de leur destin. Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. »

Ce message est plus que jamais valable, dramatiquement valable. Il n’est aucune prétention d’autosuffisance, aucune illusion protectionniste qui puisse mettre l’Italie ou la France ou l’Allemagne à l’abri des pressions et des conditionnements de la mondialisation. Pour nous tous, la seule voie à parcourir est l’approfondissement de l’intégration, c’est-à-dire un développement plus courageux et cohérent en vue de l’union politique.

C’est à rendre ce développement possible que tendaient les innovations institutionnelles prévues par le Traité “qui établissait une Constitution pour l’Europe” : Traité longuement discuté et approuvé par la Convention de Bruxelles, puis déjà quelque peu affaibli par la Conférence Intergouvernementale et enfin soussigné en octobre 2004 par les Chefs de gouvernement de tous les Etats membres. Ces innovations ont été en très large mesure sauvegardées dans le texte approuvé en décembre 2007 à Lisbonne, dans une rédaction d’ailleurs plus tortueuse et beaucoup moins lisible que le Traité constitutionnel. Pouvons-nous maintenant admettre que le Traité de Lisbonne, à son tour signé à l’unanimité par les Chefs de gouvernement, soit lui aussi renversé par le résultat du référendum qui s’est tenu en Irlande, dont le Premier Ministre a déclaré tout de suite après le vote que l’opposition à la ratification a été motivée par les préoccupations les plus diverses et souvent contrastantes ?

Le chemin nécessaire pour renforcer l’Union et sa capacité d’affirmer le rôle de l’Europe et de répondre aux inquiétudes et aux attentes de ses citoyens peut-il être bloqué par le tabou de l’unanimité ? Non, laisser que cela ait lieu équivaudrait à mettre en danger les conquêtes du passé et les perspectives de l’avenir. Si les extraordinaires progrès réalisés en cinquante ans d’intégration peuvent être tenus pour sûrs et désormais acquis par les générations plus jeunes qui n’ont pas mémoire de ce qu’ils ont coûté et de la manière dont ils ont été obtenus, tout le monde devrait plus facilement comprendre que l’on ne saurait faire face aux défis de l’avenir avec une Europe faible et désunie.

La Communauté, et puis l’Union, se sont au fur et à mesure élargies jusqu’à atteindre 27 Etats membres. Mais le moment de la preuve est venu : si, dans cette dimension et avec les règles actuelles, l’Union montre qu’elle ne peut pas fonctionner et qu’elle ne peut pas non plus changer ses règles, il faut alors trouver les formes d’un engagement plus ferme et plus cohérent entre ces pays qui se sont reconnus dans les choix d’intégration et de cohésion plus avancés, comme celui de la monnaie unique, celui de l’Euro et de la zone Euro.

Et il faut comprendre que le vote en Irlande a plus que jamais radicalement posé un problème. Le problème des rapports entre gouvernants et gouvernés dans l’Europe unie, le problème de la participation et du consensus des citoyens.

L’Union européenne – si souvent accusée de manquer de « capacity to deliver » – ne pourra pas augmenter son efficacité sans réformes et moyens adéquats, et sans un nouvel élan démocratique.

En fait, trop de gouvernements nationaux ont ces dernières années estimé pouvoir gérer les affaires européennes en solitaire, en se préoccupant peu d’impliquer systématiquement leurs opinions publiques, et même leurs Parlements, dans les discussions et les choix auxquels étaient appelées les institutions de l’Union. Et trop de gouvernements ont même dissimulé les positions qu’ils soutenaient dans les instances européennes en mettant en cause l’Europe – et en particulier la Commission européenne, la « bureaucratie de Bruxelles » – comme bouc émissaire pour couvrir leurs responsabilités et insuffisances.

Un discours de vérité a été absent dans les rapports avec les citoyens, tout comme a fait défaut le signe de la conviction et de la volonté politique pour indiquer et motiver l’exigence d’une plus forte unité européenne et pour exposer les nouvelles politiques communes dont il est besoin en Europe. Alors que c’est seulement ainsi que l’on peut éviter l’équivoque ou la crainte qu’ont les citoyens d’un mandat en blanc aux institutions européennes ; et que peut se réaffirmer le principe inspirateur de l’intégration qui, dès le début des années 50 du siècle dernier, est de conférer des parts de souveraineté partagée à la Communauté d’abord et à l’Union européenne ensuite.

On ne peut prétendre des citoyens qu’ils s’orientent dans la trame des normes d’un Traité ni même dans le labyrinthe d’un collage d’amendements aux Traités en vigueur comme celui convenu à Lisbonne. Il faut miser sur la récupération d’un rapport de confiance avec les citoyens, basé sur une pleine prise de responsabilité des gouvernements et des forces politiques qui représentent les Etats membres de l’Union. Là est le nœud de la question de la démocratie dans le cadre de l’Europe unie. Une question qu’il faut naturellement affronter aussi en termes concrets : en valorisant le Parlement Européen et ses pouvoirs ; en intensifiant la collaboration avec les Parlements nationaux et en écoutant leur voix ; en renforçant le dialogue avec la société civile ; en appelant les citoyens à se reconnaître dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union et à exercer leur initiative aussi sur le terrain de la sollicitation de nouveaux actes législatifs européens.

Il s’agit de voies à suivre sans autres incertitudes, ambiguïtés et revirements d’opinion. Demandons aux citoyens, demandons aux jeunes générations, d’intervenir, de faire peser constructivement leurs instances. Et demandons aux leaderships politiques de montrer conscience de leurs responsabilités, sens de l’avenir et aussi de l’urgence.

La France – qui a toujours été au cœur de l’intégration européenne et qui assumera dans quelques jours la responsabilité de présider le Conseil dans le prochain semestre – donnera sans doute un apport précieux dans cette phase cruciale pour l’avenir de l’intégration. L’Italie la soutiendra avec détermination. Nos deux pays ont – dès l’origine, en tant que pays fondateurs – une responsabilité particulière vers la construction européenne. Ils sont parmi les plus importants porteurs du patrimoine, de la méthode et de l’acquis communautaires, tels qu’ils se sont développés dès la naissance. Ensemble, et en collaboration avec les autres partenaires européens, ils ne manqueront pas cette occasion pour réfléchir sur les défis auxquels l’Union doit faire face.

J’ai parlé du sens de l’urgence. En 1984 déjà, François Mitterrand disait à Strasbourg, devant le Parlement Européen :

« Chacun d’entre nos peuples, aussi riche que soit son passé, aussi ferme que soit sa volonté de vivre, ne peut, seul, peser du poids qu’il convient sur le présent et l’avenir des hommes sur la terre. Ensemble, nous le pouvons. Mais nous sommes dans une phase où le destin hésite encore. »

Oui, « le destin hésite encore », mais – disons-le en ce moment – pas pour longtemps.

Si nous tardions, ou revenions en arrière, nous perdrions le rendez-vous avec l’histoire. En tant qu’européens, nous ne pouvons pas nous le permettre, nous ne devons pas le faire.

Cela s’est passé à Nice !

Parmi de nombreux autres évènements européens, l’Université d’automne du Mouvement européen s’est passée à Nice les 15 et 16 novembre derniers.

La ville de Nice a été riche en évènements européens au mois d’octobre et de novembre. L’Université d’automne du Mouvement européen, qui s’est déroulée les 15 et 16 novembre, était quant à elle essentiellement destinée à « faire participer les citoyens à la construction européenne ». Elle a démontré que beaucoup de pédagogie était encore nécessaire pour que les citoyens s’approprient l’Europe.

 

Un bref regard sur l’actualité européenne à Nice au cours de ces dernières semaines nous montre la richesse et la diversité des évènements qui s’y sont déroulés dans une quasi-indifférence générale. Cela a commencé par la conférence qu’est venu donner Jacques Barrot au CUM le 26 octobre sur « l’Europe et la mondialisation ». Sujet d’importance, surtout lorsqu’il est traité par un de nos anciens Ministres, actuellement Vice-président de la Commission européenne en charge de la justice, des libertés et de la sécurité. Certes, la salle était comble, mais les retombées dans les médias bien infimes !

 

Le jeudi 13 novembre, l’Université de Nice, au cours d’une cérémonie somptueuse, en présence en particulier de son Excellence le Prince Albert de Monaco, des représentants du corps consulaire, du Recteur de l’Académie, du corps enseignant et de ses doyens venus en robe, de quelques élus et de nombreuses autres personnalités, a remis, en la personne de son Président, le Professeur Albert Marouani, et au terme d’une superbe présentation faite par l’initiateur de l’évènement, le Professeur Joël Rideau, les insignes de « docteur honoris causa » au Président de la Commission européenne, José Manuel Baroso.

 

Le lendemain, se tenait à Nice, le Sommet Union européenne-Russie, évènement d’importance s’il en est, qui lui, et heureusement, n’est pas passé inaperçu. Vous allez me demander en quoi ces manifestations, si éloignées de nos citoyens, pouvaient les concerner. Outre qu’ils n’y avaient pas accès, les honneurs et le règlement des affaires internationales ne relèvent pas de leurs compétences et il ya bien longtemps qu’ils ont délégué à d’autres le soin d’y pourvoir. La construction de l’Union européenne, en particulier s’est réalisée en grande partie en dehors d’eux, et ce n’est que depuis l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct (1979), et depuis quelques consultations référendaires qu’ils ont leur avis à donner.

 

Cela explique peut-être en partie pourquoi la tenue à Nice le samedi 15 novembre de l’Université d’automne du Mouvement européen, qui avait pour objet de « faire participer les citoyens à la construction de l’Europe », est passée quasiment inaperçue. Outre les 300 citoyensengagés dans cette association pluri-partisane et ouverte à tous, qui sont venus de toute la France, seuls quelques enseignants, étudiants, et initiés étaient venus de la région niçoise pour assister aux débats publics organisés dans le grand amphithéâtre de la Faculté de droit sur la relève européenne, les élections européennes et l’apport du droit européen aux droits de l’homme. L’accès y était pourtant libre et gratuit. Et la section des Alpes-Maritimes du Mouvement n’avait pas ménagé ses efforts pour organiser et communiquer sur l’évènement.

 

Que retenir de cette actualité si dense ? Oui Nice est bien une partie intégrante de la France, de l’Europe et du reste du monde. Il s’y passe des évènements importants, qui concourent à sa notoriété. Il convient de continuer nos efforts pour que ses citoyens soient d’avantage impliqués. C’est le sens de l’action du mouvement européen et de cette rubrique.

Brigitte FERRARI Présidente du Mouvement européen des Alpes-Maritimes

 

Auteur

ME-AM